« L’administration ne recule devant rien tant que cela ne coute pas un fifrelin »
Édito
La mobilisation du 1er mai 2024 est moins importante que celle de 2023. On évoque la perte de confiance des salarié.es et des agent.es de la fonction publique dans les organisations syndicales, la prééminence de la revendication personnelle, la crainte d’appartenir à un syndicat.
En 2024, les agent.es de la fonction publique auront subi encore le gel du point d’indice, la baisse de leur pourvoir d’achat, une retraite à 70 ans autour du SMIC.
En 2024, dans les ministères sociaux, le taux de promotion n’aura pas augmenté, l’opacité sur les promotions se sera intensifié, la nouvelle circulaire RIFSEEP 2024 constitue un retour en arrière, et le CIA diminuera pour une majorité des agent.es.
En 2024, l’administration n’aura fait que le minimum syndical en matière de négociation collective : rien de plus que les autres ministères pour le financement de la protection sociale, rien sur l’indemnitaire des catégories C, rien de plus en matière de convergence indemnitaire.
En 2024, dans les ministères sociaux, sous prétexte de déménagement, on sera à 3 ou 4 par bureaux au nom de l’équité ! Selon la nouvelle doctrine immobilière, les agent.es devenu.es des résidents de leur poste de travail devront réserver leur poste de travail en fonction de leurs jours présence sur les sites.
En 2024, les réorganisations se poursuivront laissant les plus vulnérables d’entre nous au bord de la route ou sommés de partir à la retraite.
En 2024, on aura recruté plus d’agents contractuels en acceptant la précarité, des inégalités salariales criantes, des inégalités de traitement en matière d’action sociale.
Pour la deuxième partie de 2024, on nous annonce la possibilité de licencier plus facilement dans la fonction publique, la fin des statuts et l’avènement des catégories, une place plus importante dans les rémunérations à la gueule du client et les recrutements par affinité sources de risques psycho-sociaux. Pour la deuxième partie de 2024, on entendra d’abord parler de la réussite des Jeux Olympiques 2024 sous l’égide de Néron, pardon Macron. Mais vite on entendra parler de la nécessité de l’efficacité de la fonction publique demandant aux agent.es une augmentation et intensification du travail, la mobilité, l’adaptabilité, bref tout ce qui explique également l’augmentation des risques psycho-sociaux.
Retrouvons une dimension collective pour renforcer la force de nos revendications
La CGT Fonction publique a déposé des préavis de grève couvrant la période du 15 avril au 15 septembre 2024. De tout part, on dénonce « la prise en otage » des Jeux Olympiques 2024.
Une fois, cette parenthèse terminée, les salarié.es et les agent.es de la fonction publique continuerons de subir la politique d’austérité salariale, fil rouge de la politique Macroniste. Il n’y a pas de trêve olympique, si madame OUDEA-CASTERA considère qu’il n’est pas scandaleux de payer une place à 300 €, nous savons que c’est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre.
Primes, rien en 2024 pour les agents des administrations centrales des ministères sociaux !
Bilan de a circulaire RIFSEEP parue dans les BO santé et travail du 30 mai 2024, globalement négatif.
Réexamen de l’IFSE tous les 4 ans au lieu de tous les 3 ans.
Pas de suite donnée à la convergence indemnitaire = maintien des socles plancher et pas de réponse à l’écrasement des grilles A et B de la filière administrative. Pas de mesure de progression tenant compte de l’ancienneté comme le demandait notre organisation syndicale. Pas d’augmentation des primes des catégories C dans les administrations centrales.
On a failli baisser l’IFSE quand on descendait d’un groupe fonctionnel, heureusement que les OS étaient là. Les agent.es non affecté.es sont puni.es, leur chômage baisse ! Les forfaits « évènements de carrière et mobilité » sont revalorisés mais restent en dessous de ceux du… Ministère de l’intérieur.
On nous promet que les agent.es dont les IFSE ne sont pas revalorisés pendant 4 ans verront leur situation examinée les années suivantes avec bienveillance.
Nos collègues des services déconcentrés tirent mieux leur épingle du jeu. Revalorisation des barèmes planchers IFSE des membres du corps de l’inspection du travail, des corps techniques d’inspection (Médecin-inspecteur, pharmacien inspecteur, ingénieur du génie sanitaire) avec pour objectif de revaloriser les métiers du contrôle.
Pour vous éviter l’ulcère, silence sur l’augmentation des primes de l’encadrement supérieur. Silence sur le fait que nos collègues des services déconcentrés verront, lors du réexamen de leur IFSE en 2024, prendre en compte des éléments d’ancienneté, proposition récurrente de la CGT mais pour tous les agent.es des ministères sociaux. !
Attention, la course à l’échalotte à commencé, enveloppes CIA en baisse en août, le montant de l’IFSE se décide en ce moment !
Promotions 2025 le compte à rebours a commencé…
L’administration convie les organisations syndicales à un groupe de travail « LDG promotions ».
La CGT a toujours marqué son opposition à la suppression de la compétence des CAP et CCP dans les promotions. C’est un point sur lequel elle veut que l’on revienne en cas d’alternance politique. Le SMAST-CGT tente de gérer une situation que nous souhaitons transitoire.
Le SMAST-CGT a demandé que soit identifié « les droits de tirage » pour les administrations centrales. La CGT demande la poursuite et l’amplification du plan de transformation de C en B qui expire en 2025.
Le SMAST-CGT a demandé que l’examen des promotions pour les corps à petit effectif se fasse en dehors de la mécanique des droits de tirage. Elle demande aussi que les compositions des commissions soient publiques.
Le SMAST-CGT demande que l’absence de proposition d’un ou d’une agent.e lui soit expliqué.e lors de l’entretien d’évaluation. Le SMAST-CGT demande que les propositions de promotion par les directions soient motivées. Le SMAST-CGT demande la clarification des critères utilisés par les directions pour établir leur liste de propositions. La CGT demande qu’un quota de postes ne soit pas distribué en droits de tirage mais réservé au niveau de la DRH pour traiter la situation des agents bloqués dans leur carrière.
Agent.es contractuel.les des ministères sociaux en colère !
Voilà un deuxième sujet de mobilisation
La DRH ministérielle ne veut pas aborder le sujet sur la politique des ressources humaines concernant les agent.es contractuel.les de l’État.
Le SMAST-CGT, première organisation syndicale représentative en commission consultative ne veut pas lâcher sur le sujet. Elle tient à votre
disposition le guide des droits des contractuels, demandez- le aux représentants de la CGT dans votre direction ou dans les permanences
CGT.
L’administration ne veut pas entendre parler de titularisation. A partir de la définition d’une politique des ressources humaines respectant le nombre, le statut et le recrutement des fonctionnaires dans la fonction publique, la CGT demande la titularisation des agent.es contractuel.les volontaires déjà recruté.es sur un CDD et occupant des emplois permanents de la fonction publique.
L’administration assume l’existence d’inégalités salariales importantes entre agent.es contractuel.les. La CGT demande la mise en place d’un cadre d’emploi des agent.es contractuel.les avec un dispositif de rémunération unifié.
L’administration ne respecte pas le droit des agent.es contractuel.les à avoir un parcours de carrière mais aussi une évolution salariale. La CGT demande à ce que leurs rémunérations soient revalorisées normalement tous les 3 ans, que les situations individuelles des agent.es contractuel.les rentré.es dans
les MSO depuis 10 ans soient réexaminées.
L’administration a décidé de ne pas appliquer la circulaire de la première ministre sur les rémunérations des contractuel.les de la filière numérique. Pas de sous, elle attend la parution d’une nouvelle circulaire de la DINUM (Direction interministérielle du numérique) moins favorable que la circulaire de janvier 2024.
Pour lutter ensemble, venez nombreux à l’ASSEMBLEE GENERALE ORGANISEE PAR LA CGT le 25 juin 2024 dans le hall d’entrée de TODS à partir de 13H30. Dépôt par la CGT d’une heure d’information syndicale de 14H00 à 15H00 !
L’administration nous invite à un pince-fesses… sur les RPS
L’administration invitent les OS à un groupe de travail sur les risques psychosociaux (RPS). Un audit de l’IGAS sur la gestion des ressources humaines (2023), un récent rapport de la Cour des comptes sur la gestion des ressources humaines (secteur travail en 2024), une rédaction encore très lacunaire des DUERP sur le sujet, la multiplication des enquêtes administratives, il faut que cela bouge pour que rien ne change.
On leur a pourtant rabâché la nécessité de recrutements supplémentaires centrés sur la compétence, le remplacement des départs, une définition des vraies priorités de travail, la stabilisation des organisations de travail, plus d’espaces dans les bureaux.
On leur a pourtant dit des choses simples : le « new management ++ » demande de plus d’adaptabilité, de mobilité, de flexibilité qui ajoute à l’intensification et augmentation des charges de travail.
La mise en concurrence des agent.es par le système d’individualisation des primes met une ambiance détestable favorisant les agents « les plus visibles ».
Le télétravail a eu un impact sur les communautés de travail, il accroit les risques d’isolement et de marginalisation de certain.es agen.tes vulnérables, la liste n’est pas exhaustive mais restons dans le réel plutôt que de faire dans le label !